lundi 26 novembre 2012

Critique : Iron man 1 et 2

Maintenant que je fais un MBA d'audiovisuel, j'ai un cours merveilleux ! C'est un cours de script-doctoring et franchement, c'est une tuerie ! Avant, je savais que j'aimais un film (ou pas) et je le jugeais avec l'instinct du novice. Maintenant, en plus de ce ressenti très personnel, j'acquiers les compétences pour décortiquer et analyser le scénario, pendant que je regarde le film ! C'est très constructif, et je m'amuse comme une petite folle.

La semaine dernière j'ai regardé deux films que je n'avais pas pu voir avant. Ne me demandez pas pourquoi ils avaient réussi à passer entre les mailles de mon filet de fan de gros blockbusters US bourrins... Quoi qu'il en soit, j'ai regardé Iron Man et Iron Man 2 (dernières versions) dans la même soirée.


Fiche du film - Iron man :

Date de sortie : 30 avril 2008
Durée : 2h5min 
Nationalité : Américain
Réalisé par Jon Favreau

Avec : Robert Downey Jr. , Terrence Howard, Gwyneth Paltrow
Genre : Fantastique, Action

Synopsis :

Tony Stark, inventeur de génie, vendeur d'armes et playboy milliardaire, est kidnappé en Aghanistan. Forcé par ses ravisseurs de fabriquer une arme redoutable, il construit en secret une armure high-tech révolutionnaire qu'il utilise pour s'échapper. Comprenant la puissance de cette armure, il décide de l'améliorer et de l'utiliser pour faire régner la justice et protéger les innocents. 
 

Critique : Les blockbusters, ça a souvent du bon.
Je connaissais l'univers d'Iron man pour avoir vu le personnage évoluer dans The Avengers, avec sa super secrétaire canon en minishort (Gwyneth) et la bombasse rousse hyper mystérieuse (Scarlett). Découvrir le début de la légende m'a fait plaisir, j'ai aimé le traitement du personnage et le fait que malgré les épreuves il reste bourré de confiance en lui, d'arrogance et d'humour. Je-m'en-foutiste jusqu'au bout des ongles, et pourtant... 

Bon, les ficelles sont grosses, c'est un fait. Tout est là : l'intouchable qui se fait enlever, la personne qui meurt pour lui sauver la vie, ce sentiment de dette éternelle, la menace constante de mourir, l'envie de faire le bien pour se racheter, le patriotisme à outrance, la trahison de son père de substitution, le concurrent jaloux, etc. jusqu'à la Happy end !

Alors ok, le scenario n'est pas très subtil, le riche génie mégalo qui veut "privatiser la paix mondiale" suite à une prise de conscience douloureuse, c'est réchauffé, mais quand même. Ca en jette, visuellement j'entends, et la réalisation est très bien ficelée, portée par de bons acteurs.
J'ai adoré :

- Robert Downey Jr. (Rob' pour les intimes. A ne pas confondre avec ce blanc bec de Pattinson que je ne peux pas me blairer en peinture depuis le massacre Twilight). Je l'aime. C'est définitif. Dans Sherlock Holmes (qui est quand même mon number one hero depuis l'enfance, sur le même plan que Arsène Lupin et Zorro, il faut que vous le sachiez), il est fantastique, juste arrogant et paumé comme il faut. Dans Iron man, il est tout aussi parfait. Le génie lui va bien !

- Gwyneth, époustoufflante en assistante du taré qui essaye tant bien que mal de garder le cap et de ne pas céder aux avances de Rob'. Très compliqué, j'en conviens. Mais qu'est ce qu'elle est belle, en plus, cette femme ...
- L'armure. Sérieusement, c'est juste le paradis ce truc. Bon, après on aime ou pas la carosserie très Transformers et l'arsenal militaire intégré, mais rien que de pouvoir voler dans autre chose qu'un avion de ligne, j'adorerais !

- L'ordinateur intelligent et tellement attachant, Jarvis. Même s'il calcule souvent que Rob' a moins de 5% de chances de sortir vivant des emm***es dans lesquelles il se fourre allègrement jusqu'au cou, c'est un de mes protagonistes préférés dans l'histoire. Cette intelligence artificielle personnalise la machine, et donne une dimension "humaine" à la technologie présente tout au long du film. J'en veux un pour m'aider avec mes recettes de cuisine et le ménage à la maison ... pour Noël ?!

Les opérateurs passent à la TV !

Les opérateurs vous connaissez ? 


C'est LA web-série du moment ! Web-série mais pas que, puisque France 4 la diffuse actuellement à la TV après une première diffusion Web qui a fait une audience de folie ! Les 10 épisodes de la série ont totalisé (jusqu' ici) plus de 700 000 vues sur Dailymotion, un record !

Les 5 premiers épisodes ont été diffusés sur France 4 la semaine dernière, de lundi à vendredi à 20h30. Si vous les avez ratés (ou pas), vous pouvez les voir et les revoir sur dailymotion ici . Les 5 derniers seront diffusés à partir de ce soir, toujours à 20h30 !

Je vous conseille cette série pour tout un tas de raisons. Déjà parce que je connais les personnes qui l'ont produite et que je peux vous dire qu'il y a un boulot monstrueux derrière (je suis admirative), ensuite parce que c'est rare qu'on ait en France des programmes aussi audacieux. L'inventivité du scénario compense le budget réduit, et ça marche, la preuve ! Encourageons ces jeunes qui prennent des initiatives, qui savent se mettre en danger pour nous proposer des programmes originaux. ENFIN !


Les opérateurs, c'est l'histoire de Slim, qui débarque dans une grosse boîte et doit partager son bureau avec sa nouvelle collègue, Fran. Plein d'entrain et motivé, Slim comprend vite qu'en réalité, personne dans cette boite ne sait en quoi consiste son poste, ni même les activités de la société ! "Opérateur référent", "Référent opérationnel", voilà les intitulés des postes ! Las de remplir des colonnes de chiffres sans queue ni tête, Slim et Fran décident de prendre les choses en main et entendent bien trouver ce que fabrique cette société, avec ou sans l'aide de Charles, leur N+1 option sourire corporate et sympathie hypocrite ! 

En bref, Les opérateurs critiquent avec humour et légèreté la bêtise de notre société actuelle, coincée dans une bureaucratie absurde et aliénante. Et les acteurs sont bons. Oui, je vous jure.

Inutile de répéter que c'est une série que je vous conseille ... si ?

Web-série écrite et réalisée par François Descraques et Slimane Baptiste Berhoun
Avec Slimane-Baptiste Berhoun, Sabine Perraud, Nicolas-Wenceslas Berno, Sandra Lou, Davy Mourier
Produit par Taronja Prod, Barjac production et FTV Nouvelles écritures


jeudi 15 novembre 2012

Quand la Scripted Reality divise la France...

La "scripted reality". Inconnu il y a quelques mois à peine, ce mot envahit progressivement toutes les bouches. Dans cette crise de genre, chacun essaye de se faire entendre et de défendre ses intérêts. Ce type de programme, nouveau en France et qui déchaine les passions, sera étudié très prochainement par le CSA. Retour sur la polémique de la semaine.

La "scripted reality" : Kézako ?

La fiction du réel (“scripted reality”), est un format hybride qui se produit pour des coûts bien plus bas que la majorité des programmes actuels. C'est un format rentable qui allie fiction, magazine et téléréalité. Les programmes de scripted reality inondent les chaînes françaises, suscitant une grande inquiétude chez les producteurs et scénaristes qui dénoncent leur manque de qualité. Les plus connus sont Le jour où tout a basculé sur France 2, Au nom de la vérité sur TF1, Si près de chez vous sur France 3, Face au doute sur M6, ... En bref, la “scripted reality” fait aujourd'hui partie du programme quotidien d’une grande partie des chaînes publiques et privées. Le concept basique: des faits réels ou divers sont joués par des comédiens.

Scripted, fiction or not fiction ? De gros enjeux ...

La grande question est la suivante : ce format peut-il être considéré comme étant de la fiction? Si oui, il pourrait entrer dans les quotas de fictions des chaînes et bénéficier de l’aide à la production du CNC. Certaines chaînes ont déjà commencé à les présenter au CSA en tant que fiction, afin de remplir leurs quotas imposés. Cela inquiète les professionnels de la fiction qui craignent que ce nouveau format bon marché n’entraîne une baisse de la production d’oeuvres patrimoniales (fiction, documentaire, dessins animés…).

Comme beaucoup d'autres acteurs du secteur, Guillaume Prieur, directeur des affaires institutionnelles et européennes de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) réclame une “vraie réflexion pour savoir si effectivement il s’agit de fiction”.

Les acteurs du secteur pour l'accession de la scripted au rang de fiction

- Françoise Laborde, membre du CSA, a déclenché un tolé chez les professionnels de la fiction en se déclarant favorable à l'accession de la scripted au rang de fiction.“Dans la mesure où il y a un décor, un scénario, un réalisateur et des acteurs, il nous est apparu que la scripted reality pouvait s’assimiler à de la fiction, et nous avons estimé que ce genre pouvait effectivement entrer dans les obligations des chaînes”, a-t-elle déclaré mi-octobre à Satellifax
- Julien Courbet, pionnier du genre et producteur de Le jour où tout a basculé, met en avant les économies réalisées à la production et l'opportunité d'emploi dans une France en crise dans une interview récente pour Le Point: "je voudrais la convaincre des bienfaits de ce nouveau mode narratif à bas coût au moment où France 2 doit faire 20 millions d'euros d'économies sur sa grille de programmes l'an prochain. Avec Le jour où tout a basculé, ma société de production a délivré 21 000 bulletins de paie journaliers depuis un an et demi ! On fait travailler 1 700 comédiens, une équipe de 30 auteurs et autant de réalisateurs. C'est un vivier pour l'avenir ! Mieux vaut produire français que de faire un chèque aux Allemands ! Car si on supprime Le jour où tout a basculé, France 2 remettra à l'antenne des fictions allemandes comme avant."
- Nonce Paolini, patron du groupe TF1 ne comprend pas bien le débat "Il n'y a qu'en France qu'on se pose cette question. Il n'y a pas un autre pays au monde où on se pose cette question, puisque des producteurs en vivent, des acteurs, souvent de jeunes acteurs y montrent leur talent, de jeunes auteurs peuvent s'exercer à l'exercice audiovisuel et par ailleurs le public semble y trouver un intérêt. Ici, c'est un débat. On est en train de perdre du temps alors que ce sont des objets audiovisuels qui méritent d'entrer dans la catégorie fiction

Les acteurs du secteur contre l'accession de la scripted au rang de fiction

À l’opposé, ces programmes ne sont pas du tout du goût des producteurs de fiction, qui craignent que les chaînes ne réduisent du coup leurs commandes d’œuvres patrimoniales (fiction, documentaire, dessins animés…)

- Aurélie Filippetti, la ministre de la Culture, est également contre ce genre. Au cours d'une émission sur France Inter, elle s'est prononcée pour la suppression des programmes de scripted sur France Télévisions. "La scripted reality n'a pas sa place sur le service public. Ma priorité c'est de définir une télévision de service public qui soit la meilleure pour les Français. On est dans une offre audiovisuelle avec une multiplication des chaînes. Les gens ne peuvent plus se répérer (...) La scripted reality n'est pas un type d'émissions de qualité qui correspond aux objectifs du service public"
- Juliette Prissard-Eltejaye, déléguée générale du Syndicat des producteurs indépendants (SPI) : “Nous ne considérons pas la scripted reality comme une oeuvre patrimoniale. Les chaînes utilisent tous les codes de la téléréalité et du reportage, tout en l’habillant en fiction pour la faire rentrer dans les quotas”

Guillaume Prieur, directeur des affaires institutionnelles et européennes de la SACD est également contre la catégorisation de la scripted comme fiction. “Si c’est le cas, il faut fixer des règles minimales en terme de création et de rémunération. On voit des rémunérations de scénarios choquantes, en deçà de ce qui peut exister dans la fiction. On n’est pas loin de l’exploitation sur certains programmes”. Pour lui, considérer la “scripted reality” comme une fiction risque de “briser le retour en force des séries et unitaires de fiction française”.

Délibérations du CSA
L'appartenance de la scripted à la catégorie des oeuvres audiovisuelles est en réalité d'une question de gros sous puisque ces dernières ont droit à une aide financière du CNC. Il s'agit également d'une rivalité entre les producteurs de fiction (habituels producteurs des oeuvres audiovisuelles) et les producteurs de flux qui produisent ces programmes de scripted reality.

Pour arbitrer le débat et faire face à l’inquiétude du secteur, le CSA a décidé d’organiser en novembre des auditions de scénaristes, producteurs et chaînes TV pour “s’informer des préoccupations des uns et des autres”Les auditions démarreront le 19 novembre et se termineront début décembre. Elles seront menées par Francine Mariani-Ducray et Françoise Laborde, respectivement présidente et vice-présidente de la commission production audiovisuelle au CSA.“Nous ne nous prononçons jamais sur la qualité des oeuvres”, a toutefois prévenu Francine Mariani-Ducray.


Sources : TVobs.com, AFP, L Croix, Ozap, Lepoint.fr 

mercredi 14 novembre 2012

Smash : New love !


Je sais, je sais, j'ai du retard ... Je sais même que ça a déjà été diffusé sur TF1 au début de l'été et que ça a fait un méga gros plouf ... TF1 quatrième en termes d'audience pour un prime, c'est pas souvent et ça se remarque. 

Du coup cette serie américaine produite par Steven Spielberg (quand même) n'a pas été diffusée en entier en France. Et c'est un tort !

Personnellement, ça m'a plutôt plu. Bon, je suis certainement dans la cible : jeune, femme, j'aime les séries TV US et le monde de la comédie musicale me fait un peu rêver (surtout après Burlesque, j'avoue !) Mais néanmoins j'ai trouvé que cette première saison avait un charme certain.

Déjà c'est addictif. J'ai avalé les 15 épisode en moins de 3 jours. L'histoire est simple mais efficace, on nous présente les tribulations d'une équipe complète d'artistes et de producteurs qui veulent monter une comédie musicale sur Marilyn Monroe. De trahison en rebondissements, on observe d'un oeil voyeur les espoirs et les manipulations, les négociations et les chantages, les joies et les déceptions de chaque personnage qui a une problématique personnelle très marquée.

C'est parfois un peu (beaucoup) cliché, je vous l'accorde. Miss Iowa qui débarque pour être une star, la demi-célébrité qui rêve d'écraser tout le monde pour ressembler à Môman, l'écrivain gay qui ne sait pas se poser dans la vie, l'auteur qui veut adopter mais qui trompe quand même son mari avec un danseur (tu comprends il était sexy tout ça tout ça), le metteur en scène tyranique qui saute sur tout ce qui porte une jupe, le petit ami politicien, la productrice en plein divorce qui veut monter "son" show sans son ex, etc ! 

Bref, rien de bien original dans les personnages. Mais l'écriture nous permet de comprendre chaque étape de la production. Ce qui nous semble être un joli spectacle d'une heure lorsque l'on va au théâtre est en réalité le fruit de nombreux mois (années) de travail et de beaucoup de sacrifices (hey, un peu comme le cinéma en fait!)

Et puis les acteurs sont bons, soyons honnêtes ! de vrais showmen qui jouent, dansent, chantent avec entrain et justesse, ça vaut toujours le coup ! Même Uma Thurman (en super star capricieuse) m'a bluffée. ce rôle lui va comme un gant et la dévoile sous un jour que je ne lui connaissais pas, et qui m'a beaucoup plu. 

 On explique le flop en France par le fait que le public français est moins sensible que le public US aux séries TV musicales. Peut être que c'est vrai, même s'il me parait intéressant de noter que les français aiment tout de même bien Glee... Peut être simplement que le public attendait plus d'une production Spielberg, et peut être également que les éventuels intéressés ne vont pas chercher ce type de programmes sur TF1 ... 

Aux USA après une première saison lancée avec 7 millions de téléspectateurs, une 2ème saison est commandée pour 2013. J'avoue que je l'attends avec impatience !